Musée du Chateau d'Argent

Journal avril 2024

 Mensuel du Château d’Argent - N°   64   -  Avril 2024 

 

R U D O L F     S T E I N E R

( 1861  -  1925 ). 

Ce que nous avons découvert avec Rousseau et Céline Alvarez, le mois dernier, était   une méthode d’éducation (1).  Avec Rudolf Steiner, nous découvrons le but de l’éducation  ( 2 ).

Pour lui, le but de l’éducation n’est pas une accumulation de savoirs mais une découverte, à partir de ceux-ci, d’un nouveau savoir fondamental : la connaissance de soi et, au fond de cette connaissance, la spiritualité, c’est-à-dire la perception du divin :  « La connaissance de soi ouvre l’accès aux fondements de l’univers, permettant à l’homme de faire l’expérience directe des idées éternelles » ( 3  ).

L’éducation (nous parlerons d’éducation plutôt que d’instruction) doit conduire à découvrir l’origine commune du monde et de l’homme, qui est  à l’origine de la matière,   du domaine de la métaphysique ou de la spiritualité  ( 4  ).

Dans un essai sur une théorie de l’univers  ( 5  )  nous nous demandions quelle avait pu être l’origine de la force magnétique créatrice de la matière. Logiquement, il n’y avait d’autre hypothèse que celle d’une force supra-magnétique, l’énergie spirituelle, facteur immatériel, et dont le tissu mystérieux reste un jour à être découvert par la science.

Cet esprit immatériel, pour Rudolf Steiner, se retrouve, par traces, dans tout objet et être physique.  Il y a une multitude de points communs entre la matière et l’esprit  (  6  ). « L’univers et l’homme ont une même origine première spirituelle » ( 7 ).   C’est pourquoi, l’auteur voit en chaque être, homme mais aussi animal, plante ou objet, « un nucléus venu d’ailleurs, sorte de code génétique spirituel »  ( 8 ),  ce qui fait qu’en réalité, toutes les composantes de la nature, même les pierres, sont des êtres vivants. Fortement influencé par la spiritualité de l’Inde, Steiner apporte ces concepts dans la pensée occidentale comme une révolution.  

C’est de l’Inde aussi qu’il tire l’idée de réincarnation : la vie terrestre n’est qu’un épisode de l’enchaînement d’une série de vies terrestres destinées à se perfectionner. Ce qui a une incidence sur l’éducation qui est alors « un moyen d’aider  à l’incarnation d’un être spirituel » par une nouvelle naissance corporelle  ( 9 ).  Cette nouvelle (mais en même temps ancienne)  personne véhicule une détermination, un héritage génétique et spirituel  ( 10 ).  C’est une pensée cyclique, différente de la pensée judéo-chrétienne qui est linéaire.  C’est l’éternel retour de la même personne dans d’autres corps et d’autres conditions. Cette personne porte les marques des autres existences par lesquelles  elle est passée et s’en souvient par flashs, à certains moments.

L’éducation doit donc laisser advenir, apparaître et grandir le noyau spirituel.  C’est pourquoi cette science est appelée en allemand : « Geisteswissenschaft », science de l’esprit (ou des choses spirituelles), les fondements de  l’art éducatif étant spirituels et psychologiques :  Steiner parle de « geistig-seelische Grundkräfte der Erziehungskunst » ( 11 ) .

Comme nous le verrons le mois prochain,  la même idée est déjà présente chez Jean-Frédéric Oberlin et chez les piétistes et  Frères moraves du XVIIIe siècle dont il s’inspire.

Personne cependant n’a soupçonné la pensée d’Oberlin de sectarisme ou d’ésotérisme comme l’a été, en France, celle de Rudolf Steiner.

 Après la spiritualité, le deuxième but de l’éducation, c’est la liberté.  Les traits fondamentaux de la pédagogie sont déjà exposés dans le premier ouvrage de Steiner : La Philosophie de la Liberté,  paru en 1894.

Une différence importante apparaît ici avec Jean-Jacques Rousseau pour lequel l’homme n’est vraiment libre et vraiment lui-même que s’il reste seul :  la société l’influence et le dénature ; « Les bonnes institutions sociales sont celles qui savent le mieux dénaturer l’homme…Elles transportent le moi dans l’unité commune »  ( 12 ). Le corps social aliène la liberté individuelle et l’asservit à la mode, aux courants de pensée ambiants, à la manière de vivre contemporaine.  Ainsi l’enfant, dans le cadre d’une institution, d’un collège, d’une classe d’élèves n’est pas lui-même,  le milieu déteint sur lui,  le fait penser  et se comporter comme tout le monde.  Il est domestiqué. Il n’est pas libre mais assujetti, asservi aux règles et coutumes de son milieu scolaire.

Steiner, lui, est plus nuancé.  Pour lui, « nul n’appartient entièrement à l’espèce et nul n’est un pur individu » :  la singularité peut s’exprimer en dépit de l’héritage  imprimé  ( 13 ) et des influences subies.  Mais cette libération est le rôle de l’éducation .  « L’éducation est dès lors perçue comme un processus au cours duquel l’homme libère le poids des héritages, une part croissante de son être et s’affranchit des entraves de la vie naturelle ou sociale, notamment de l’influence des autorités (…)  L’homme libre échappe au conditionnement culturel » ( 14 ). Car vivre par mimétisme et se soumettre à l’autorité, ce n’est pas être libre ni être soi-même. Ce qui fait que l’éducation doit être  un chemin vers l’affranchissement des influences et de l’autorité.

Steiner a donné un cycle de conférences en avril 1924 à Stuttgart, intitulé : « Considérations sur l’éducation dans ses rapports avec l’individu et avec la civilisation moderne »  (8-11 avril 1924).  Il y présente les traits principaux de son livre : La Philosophie de la Liberté comme « un outil de transformation de l’école » et le chemin à suivre pour la méthode pédagogique  ( 15 ).

Voici les étapes de cette méthode :

Il s’agit de faire devenir l’enfant ce qu’il est,  de faire ressortir et développer sa personnalité originale .

Il faut développer son autonomie et l’expérience de la liberté, de l’indépendance vis-à-vis des influences ambiantes.

Etudier  et mettre en lumière l’essence profonde de l’être humain : « La connaissance de l’être est le fondement de la relation pédagogique à l’école Waldorf (Steiner) »  ( 16 ) .   

Cette science spirituelle, ou anthroposophie   analyse  l’évolution historique de l’être humain à travers le temps, d’une part,  et d’autre part à travers les manifestations  corporelles, psychiques et  spirituelles de l’enfant.

Observer et comprendre : tels sont les outils pédagogiques de l’éducateur  ( 17).    

Etant donné que le but de l’éducation est de conduire l’être humain à la spiritualité, la pédagogie Steiner n’est pas  bien acceptée partout.  Loïc Chalmel la résume par ces mots :  « Lorsque le nouveau-né accède au monde physique, il poursuit son vécu du monde spirituel d’avant sa conception » ( 18 ).

Très proche de Freud, Steiner est persuadé que  le psychisme influe sur l’état de santé corporel  ( 19 ),  et que « l’éducation et l’instruction déterminent le malheur et le bonheur de cette vie, tant du point de vue physique qu’aux points de vue psychique et spirituel »  ( 20 ). 

En raison de cette dimension spirituelle, la pédagogie des écoles Steiner n’est pas la même qu’ailleurs : elle repose sur une connivence entre le maître et l’élève, une compréhension intuitive, une relation « interspirituelle »  ( 21 ),  ce qui rappelle les étroites et familières relations entre le pédagogue et l’élève dans la Grèce antique.

Dans cette perspective, il faudrait proscrire les méthodes de l’enseignement public : 

l’emploi du temps rigide, les matières assénées ex cathedra (22 ) et l’autoritarisme.  La bonne posture est celle du parrainage (23 :  p. 61.)

Steiner se réfère à Comenius  (24 )  en disant qu’ « il n’est nul besoin d’apporter à l’homme, du dehors, des qualités dont il contient le germe. Il suffit de faire pousser, de laisser se développer ces qualités »  (25 )  et à Pythagore selon lequel la connaissance de toute chose est naturelle à l’homme.

Ici apparaît un facteur important, que nous avons relevé aussi chez Céline Alvarez :  le rôle de la représentation et des images. Il faut « transformer les notions en images » (26 ) et partager avec l’enfant l’univers fantasmé et bigarré qui est le sien, en l’encourageant à dessiner, peindre, sculpter, modeler, faire de la musique et vivre des scènes, ce qu’il aime faire par-dessus tout, car il adore s’identifier à des personnages admirés et vivre dans le monde parallèle de l’imaginaire. Tout ce qui passe par les cinq sens doit être cultivé. Influant sur son rythme respiratoire et sanguin (27 ), ce sera bénéfique pour son développement corporel et mental.  C’est ce que les écoles Steiner appellent  « eurythmie ».

Voilà donc une véritable métamorphose des fondements de la pédagogie  (28 ) a pédagogie, dans les écoles Steiner,  s’étend sur trois fois sept ans, qui correspondent, d’après l’auteur, aux trois cycles de la croissance.

 Comme, entre autres, Comenius, Oberlin et Pestalozzi  (29)  et aussi Napoléon ( 30 ),   Steiner souhaite confier avant tout à la mère le rôle de l’éducatrice  (31). Personne ne peut mieux comprendre intuitivement et affectivement l’enfant que sa propre mère :  « Le temps approche où nous aurons assez simplifié les moyens d’enseignement, pour que chaque mère puisse instruire elle-même, sans aide étrangère, tout en poursuivant sa propre instruction »  (32 ).

Mais les écoles Steiner n’en sont pas encore là,  le fondateur ayant bien eu conscience des problèmes familiaux entravant le rôle pédagogique des parents.

L’organisation de ces écoles (33) est de type collégial.  Le collège des enseignants en a toutes les responsabilités :  fonctionnement, détails techniques, matières, pédagogie, emploi du temps, réunions, administration, travaux etc.  Des parents  d’élèves peuvent aussi collaborer avec les enseignants.

Les écoles Steiner sont des associations à  but non lucratif.  Les ressources en sont assurées  au moyen de l’écolage versé par les familles.

Il importe donc que le nombre d’élèves soit élevé, ce qui suppose une qualité d’enseignement assurant la réputation de l’école.

Certains établissements sont en contrat avec l’Etat. La France compte 23 écoles Steiner, dont 5 seulement sont subventionnées par un contrat.

Avant d’être admis à l’enseignement, les professeurs doivent suivre une formation de trois ans dans le cadre de l’école. Par la suite, ils se soumettent à une formation permanente.

La pédagogie Steiner est très appréciée dans les pays anglo-saxons.  Des enquêtes ont constaté que ces élèves sont mieux armés pour la vie, et qualifiés en particulier, pour la technique. Ils ont davantage confiance en eux-mêmes, s’intéressent à plus de choses, sont très ouverts aux idées nouvelles  et prêts à assumer une responsabilité sociale.

Depuis 1994, les écoles Steiner sont partenaires de l’UNESCO et publient sous son égide. La Fondation « Mouvement mondial des écoles Steiner » est officiellement alliée à l’UNESCO. Celle-ci a estimé, en 1994, que les écoles Steiner « suivent des philosophies pédagogiques fondées sur la paix et la tolérance » (34 ).

Des études comparatives entre ces écoles et celles de l’enseignement public  témoignent de résultats nettement meilleurs pour les premières,  et cette différence est attribuée notamment au fait que les élèves restent pendant huit ans avec leur professeur.

Cependant, une étude américaine, en 2003,   regrette que  l’enseignement scientifique des écoles Steiner « incorpore des concepts scientifiques inexacts ».

La première école Steiner a été créée en 1919 à Waldorf en Allemagne. Ce modèle s’est propagé partout dans le monde :  elles ont connu un grand succès en Allemagne  où elles sont parfaitement intégrées.  Il y a une dizaine d’années on en comptait 232  dans ce pays,  1039 dans le monde, 709 en Europe, 19 en France, dont les premières en Alsace : en 1946 à Strasbourg, à Koenigshoffen , Willelsheim, Winzenheim, Challes-les-Eaux (Savoie), Mens (Isère), Saint-Genis (Rhône), Saint-Menoux (Allier), Resson (Meuse), Troyes (Aube), Jurançon (Pyrénées-Atlantiques), Campagne-sur-Arize (Ariège), Méjannes, Monteils (Gard), Beausoleil (Alpes Maritimes) Eguilles (Bouches du Rhône), Sorgues (Vaucluse), Chatou, Verrières-le-Buisson en région parisienne.    

Un cas est à noter : l’ouverture d’une Ecole Steiner et d’un centre de recherches avec université privée à Arles, par Françoise Nyssen, ministre de la Culture en 2017.  Françoise Nyssen avait publié des articles d’ésotérisme dans une revue de la Société anthroposophoque. Cette école pratique totalement les méthodes Steiner, mais ne veut pas l’avouer clairement,  « parce qu’en France il y a beaucoup trop de préjugés à l’égard du spiritualisme et contre Steiner en particulier »  (35 ).

En août 2021, l’école Steiner hors contrat de Bagnères-de-Bigorre doit fermer pour des raisons de défaut d’organisation, de sécurité et d’hygiène.

En France, on reproche en général à  ces écoles d’être contre les vaccins,  de manquer de rigueur scientifique,  de pratiquer l’endoctrinement,  d’être sectaires et même racistes.

Mais a-t-on fait l’effort de comprendre la chose en profondeur ?  Les jugements sont le plus souvent superficiels et on ne retrouve pas ces griefs en Allemagne.

D.V. 

La biographie de Rudolf Steiner :    ( 36 ) 

Les parents de Rudolf Josef Lorenz Steiner étaient de nationalité autrichienne.  Rudolf voit le jour à Donji Kraljevec, en Hongrie, le 27 février 1861.  Huit ans  plus tard  la famille part s’installer en Autriche,  dans la bourgade de Neudörfl.  A 11 ans, le jeune garçon  commence ses études secondaires  à la Realschule (collège moderne et technique) de Wiener Neustadt.  Il s’oriente dès l’adolescence vers la philosophie et s’intéresse en particulier  à la pensée d’Emmanuel Kant. Il rejoint l’Ecole supérieure technique de Vienne  en 1877 ainsi que l’université, où il suit un cursus de philosophie.

Il a 19 ans lorsqu’il rencontre l’herboriste  Felix Kogutski qui le sensibilise aux plantes médicinales et à l’occultisme.

A partir de1882, Steiner travaille à la publication des œuvres de Goethe, et  dont le premier volume paraîtra chez l’éditeur Josef Kürschner en 1884.

Il devient précepteur d’un enfant handicapé dans une riche famille juive de Vienne.  En même temps il continue à travailler à la publication des œuvres de Goethe pour l’édition Weimar.  Il collabore également à l’hebdomadaire allemand, la Deutsche Wochenschrift.

Fréquentant les salons et cercles philosophiques viennois, il rencontre en particulier  Marie Lang, Frederik Eckstein et Franz Hartmann qui l’initient à la théosophie  ( 37 ).

Il poursuit  l’ étude des  penseurs de son temps avec Nietzsche, Schiller et Fichte, et soutient, en 1891 une thèse de doctorat en philosophie à l’université de Rostock sur la doctrine de la science de Fichte, particulièrement sur le problème de la relation entre la science et la vérité.

Un an plus tard,  il reprend son  activité de précepteur et se charge de l’éducation des cinq enfants  d’une veuve, Anna Eunike, qu’il épousera civilement en 1899.  La vie familiale ne l’empêche pas de travailler à sa première œuvre philosophique :  La Philosophie de la Liberté, qui paraît 1894, ni de continuer son étude de Nietzsche : il publie en 1895 Nietzsche, un homme en lutte contre son temps.  Il prépare aussi l’édition des œuvres de Schopenhauer et publie, en 1897 chez Kirschner :  Goethe et sa conception du Monde. La même année, il s’installe avec Anna Eunike à Berlin.  Il collabore au Magazin für Litteratur,  et donne un cycle de conférences sur les grands courants de la littérature allemande.

Ici s’ouvre la période la plus féconde de sa vie. Il enseigne l’histoire à l’université populaire de  Berlin  de 1899 à 19O5, et travaille à l’édition d’une histoire de la philosophie occidentale, qui paraîtra en 1914 sous le titre :  Les énigmes de la philosophie.

Il donne de nombreuses conférences, notamment sur le Mysticisme et fréquente la Société  théosophique, dont il devient le secrétaire général pour l’Allemagne. Sa collaboratrice, Marie de Sivers deviendra sa seconde épouse en décembre 1914,   après   qu’il se soit séparé d’Anna Eunike. Il est aussi en lien avec  les société étrangères,  notamment celle de Londres avec Annie Besant. Il écrit un livre sur la théosophie (1904) ainsi que de nombreux articles dans la revue Lucifer- Gnosis.

A partir de 1905  il se rattache  à l’Ordre maçonnique de  Memphis-Misraïm. Il est chargé par Theodor Reuss de l’implanter à Berlin ; Steiner en répandra les loges dans plusieurs grfandes villes d’Allemagne. Il travaille aussi, avec Marie de Sivers, à en rétablir le cérémonial ancien. Brouillé bientôt avec Reuss , il fonde La Franc-maçonnerie ésotérique,  inspiré d’un rituel très ancien trouvé en partie dans :  Dogme et rituel de Haute Magie d’Eliphas Lévi.

Suivent de multiples conférences dans toute l’Europe jusqu’au tournant de 1912, où Steiner quitte  l’idéologie théosophique et se convertit à l’anthroposophie  ( 38 ).

La première assemblée générale de la Société anthroposophique se tient les 2 et 3 février 1913, mais Steiner n’y exerce aucune responsabilité, sinon de conseiller et guide spirituel.  En septembre 1913 est lancée l’édification du Goetheanum à Dornach  ( 39 ).   Steiner poursuit ses conférences partout, en pleine guerre mondiale.

   Un an après, à Stuttgart,  les ouvriers d’une usine de cigarettes viennent l’écouter.  L’idée germe parmi eux de créer avec Steiner une école où pourraient être enseignés les principes de l’anthroposophie.  C’est dans les locaux de cette usine Waldorf-Astoria, que cette école est inaugurée le 7 septembre 1919. C’est une école mixte, primaire et secondaire. Elle accueille 256 élèves issus des familles ouvrières travaillant à l’usine de cigarettes.

En 1923, Steiner devient président de la Société anthroposophique universelle. Le congrès anthroposophique et pédagogique se tient en juillet 1924 à Arnhem aux Pays-Bas. En France, la première assemblée générale anthroposophique  se réunit en mai 1924.

Les conférences se poursuivent jusque fin septembre 1924.   Steiner tombe malade.

Il travaille encore malgré tout à son Autobiographie, qui restera inachevée, ainsi qu’à deux autres ouvrages : Les lignes directrices de l’Anthroposophie, et :  Données de  base pour un élargissement  de l’art de guérir.

 Rudolf  Steiner meurt le 30 mars 1925 à Dornach en  Suisse. 

 Il avait donné plus de 6.000 conférences dans l’Europe entière, et écrit une trentaine d’ouvrages. 

 Parmi eux, citons :
La Philosophie de la liberté  (1894).
Friedrich Nietzsche, un homme en lutte contre son temps  (1895).
Goethe et sa conception du monde  (1897).
Le Christianisme et les Mystères antiques  (1902).
Théosophie. Etude sur la connaissance suprasensible et la destinée humaine  (1904).
Les degrés de la connaissance supérieure  (1905-1908).
Les Guides spirituels de l’homme et de l’humanité  (1911).
Les Enigmes de la philosophie  (1914).
Les Enigmes de l’homme  (1916).
Les Enigmes de l’âme  (1917).
Philosophie, Cosmologie et Religion  (1922).
Les lignes directrices de l’anthroposophie  (1924-1925).
Données de base pour un élargissement de l’art de guérir  (1925).
Autobiographie  (1923-1925).
et alia.
 

Un nombre d’études pléthorique a paru, depuis, sur la vie et la pensée de Rudolf Steiner,   son anthroposophie et  ses principes pédagogiques. 

D.V.  

N   O   T   E   S   :

( 1 )      Voir :  La Voix… n° 62, 63, 64  (Janvier, février, mars 2024).

( 2 )      Loïc Chalmel, Avant-propos de l’édition de :  Rudolf Steiner,  La Philosophie de la Liberté.  (Ed. Fabert, Paris, 2017), p. 12.

( 3 )      R.Steiner :  op.cit. p. 255.

( 4 )     Méta phusis :   peut vouloir dire « en-deçà » de la  nature, mais aussi « au centre », c’est-à-dire ce qui en constitue le noyau, le germe, la racine.

( 5 )   Danielle Vincent-Fischer :  Aux sources de la Chrétienté :  Les Pères de l’Eglise.  (Ste Marie-aux-Mines, éd. du Château d’Argent, 2016)  p. 231 :  « D’où vient le champ magnétique qui contient les corps célestes ? Je répondrai : qu’est-ce que l’esprit ?  La réponse métaphysique à la question de l’origine première des univers est aujourd’hui incontournable ».

( 6 )      Comme nous venons de le dire, nous pensons pour notre part, que cet esprit est aussi matériel, mais d’une matière particulière que la science parviendra un jour à détecter, comparable aux ondes, ni magnétiques, ni lumineuses, différente. La notion de matérialité prend alors un sens plus étendu.

( 7 )      L.Chalmel, loc.cit. p. 12.

( 8 )      p. 12.

( 9 )      p. 13.

(10)      Intuition de Steiner, alors que la science n’avait pas encore découvert l’A.D.N.

(11)      p. 16.

(12)      p. 40.

(13)    p. 40 :  « Nul n’appartient entièrement à l’espèce et nul n’est un pur individu. La singularité peut s’exprimer en dépit de l’héritage imprimé ».

(14)      p. 70 :  « L’homme libre échappe au conditionnement culturel ».

(15)      p. 45.

(16)      p. 49.

(17)      p. 50.

(18)      p. 55.

(19)      p. 55.

(20)      p. 55.

(21)      p. 56.

(22)    Car, pour Steiner :  « L’enfant n’est pas considéré comme un récipient vide dans lequel le maître va devoir amasser des connaissances, puisqu’il possède en lui les principes fondamentaux qui vont lui permettre de les acquérir »  (p. 71).

(23)      p. 61.

(24)   Jan Amos Komensky, dit Comenius, est né en Moravie le 28 mars 1592.  Tout enfant, alors qu’il perdra son père à douze ans, il étudie la Bible et  s’imprègne à l’exemple de son père, des idées réformatrices de Jan  Hus.  Il s’inscrit  à l’université calviniste de Herborn en Allemagne puis à la faculté de théologie de Heidelberg.  Par la suite, il dirige une école hussite en Moravie, devient pasteur de la paroisse de Fulnek (1614),  épouse Madeleine Vizovska qui lui donne un fils, mais est obligé de fuir en 1621, lorsqu’éclate la guerre de trente  ans. Il abandonne alors son fils et sa femme qui attend un  deuxième enfant. Ils mourront tous trois de la peste sans avoir pu revoir Komensky.   En contradiction totale avec ses principes ,  celui-ci leur envoie simplement un traité de consolation intitulé :  Réflexions sur la perfection chrétienne. Voyageant dans toute l’Europe, il atterrit en Pologne où il se remarie en 1624.   Il se consacre alors à l’enseignement, écrit, en 1630 et 1631 deux traités en latin  sur la pédagogie, et acquiert un certain renom.  En Suède, en Angleterre, en Pologne,  en Hongrie,  en Hollande et même en Amérique, on lui demande des conseils sur la réforme de l’enseignement.  Il finit par se fixer à Amsterdam où il meurt le 15 novembre 1670.

Curieusement, les idées qui l’ont rendu célèbre jusqu’au-delà des mers,  étaient basées sur le rejet du rationalisme et de la science. Comenius s’était opposé à Descartes, aux philosophes des Lumières et aux découvertes de Copernic. Il prônait, à la manière ancienne, une conception théologique et fantasmée du monde,  et  devint ainsi le maître à penser des Rose-Croix et de la Franc-maçonnerie.  Ce qui retint l’attention des pédagogues modernes, fut cependant son ouverture à la tolérance, à l’instruction des femmes, à l’égalité des sexes et aussi des classes sociales, à l’enseignement par la lecture,  les images, la musique et la gestuelle, l’importance donnée à l’enseignement des langues, sa vision de l’éducation comme seul remède à la guerre et à la violence,  son  idéal  d’une éducation sans contrainte (car l’enfant a le désir naturel d’apprendre), et l’organisation des classes en quatre degrés :  la maternelle, le primaire, le secondaire et l’académie ; il pense même à fonder des écoles pour former les enseignants  eux-mêmes.

 Tout cela fait de Comenius à la fois le père de la pédagogie moderne et l’inspirateur du monde  dans lequel   évoluent Rudolf Steiner et les anthroposophes.

(26)      p. 61.

(27)      p. 61.

(28)      p. 67.

(29)   Loïc Chalmel :   Le pasteur Oberlin.  Coll. Pédagogues et pédagogies.  Paris, Presses universitaires de France, 2023, p. 2

(30)    « L’éducation d’un enfant commence vingt ans avant sa naissance par l’éducation de sa mère »  (Napoléon). 

(31)     Mais pas Rousseau, qui n’a pas connu sa mère. Jean-Jacques donne la préférence à un enfant plus âgé qui fera profiter le plus jeune de son savoir et saura l’amener à acquérir de nouvelles connaissances.

(32)    p. 64.  Ce qui, à notre avis, sera facilité actuellement par l’usage des tablettes. Nous sommes persuadés qu’internet sera l’école de l’avenir : une école à la maison ou même dans la poche, et remplacera le fastidieux et aujourd’hui dramatique système des établissements scolaires.

(33)     Ces écoles sont appelées aussi « Steiner-Waldorf » le nom de l’usine de cigarettes Waldorf-Astoria de Stuttgart, où Steiner donna des conférences en 1919, devant les ouvriers.

(34)      Voir Wikipédia :  Evaluations de la pédagogie Waldorf.

(35)      Ce sont les paroles du cofondateur de l’école,  M.Capitani, conjoint de Françoise Nyssen.

(36)      Nous suivons à peu près la trame de la biographie de R.Steiner donnée par Wikipédia.

(37)      Théosophie :   connaissance de Dieu et des choses divines.

(38)      Anthroposophie :   connaissance de l’humain, et aussi : les possibilités du savoir humain.

(39)      Le Goetheanum a été créé par Rudolf Steiner en mémoire de Goethe. Il en a élaboré les plans deux fois, car le monument édifié en 1913 à Dornach en Suisse a été incendié le 31 décembre 1922.  Il a été reconstruit à Dornach, de 1925 à 1928, selon des plans différents dessinés toujours par Steiner, qui lui a donné le nom de  « Siège de la société anthroposophique universelle et de l’Ecole libre de la Science de l’Esprit ». 

D.V.

L A    P H R A S E   D U   M O I S   : 

  «  Steiner ne choisit pas son camp, n’inscrit pas les finalités qu’il propose à l’éducation dans une norme ou un croyance codifiée. Il aspire au contraire à s’en extraire et engage ses disciples dans un voyage intérieur, peu respectueux d’un clergé, d’un dogme ou d’une règle externe.  L’homme libre échappe au conditionnement culturel. Il construit sa voie avec le meilleur du patrimoine culturel immatériel universel ».

Loîc Chalmel,  présentation de :   R.Steiner,  La Philosophie de la Liberté  (p. 70).

 

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