Musée du Chateau d'Argent

Journal décembre 2019

L A   V O I X   D A N S   L E   D E S E R T

Mensuel du Château d’Argent  -  N° 9    Decémbre  2O19

Le patrimoine industriel de l’Alsace

Nous avons assisté récemment à la remise du prix Martel-Catala à Pierre Fluck, à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage intitulé : Trésors d’usines en Alsace : un héritage pour nos économies, pour nos sociétés, pour un territoire durable (Soultz, Editions du Patrimoine minier, 2O19).
« Vous allez changer d’avis sur le Patrimoine industriel ! » nous prédit l’auteur, au dos du livre.
Depuis trois décennies au moins, tout le travail d’enseignement, de recherche et de publication de Pierre Fluck, sur la trace de l’œuvre pionnière de Georges Bischoff, est dirigé vers un seul but: avertir le public que l’on détruit allègrement l’une des cartes d’identité de notre civilisation, et un héritage incontournable de notre province : le patrimoine industriel. L’auteur avait déjà tiré la sonnette d’alarme en 2OO2, lors de la parution de son grand ouvrage : Les Belles Fabriques, un patrimoine pour l’Alsace (Mulhouse, éd . Jérôme Do Bentzinger, 2OO2), car c’était en pleine période de démolition de ces usines mal aimées, témoins de la lutte des classes, d’un labeur surhumain, et aussi de pollution et de destruction du paysage.
 
Dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 21 novembre 2O19, l’ancienne teinturerie TCA de Dambach la Ville, dont la démolition a commencé, est qualifiée de « verrue », taguée en effet de partout. L’article concède pourtant qu’ «  avec cette destruction, c’est une page de l’histoire industrielle du Pays de Barr qui se tourne » (p.36). NDLR.
« Au rythme actuel où vont les démolitions, dans moins d’un quart de siècle, il n’y aura plus rien à sauvegarder de notre patrimoine industriel » (Les Belles Fabriques, op.cit. p. 1OO).
 
Prince de la Belle au Bois dormant, Pierre Fluck a écarté les ronces, sauté les fossés, escaladé les remparts, erré dans les décombres, pour découvrir la beauté de ces ruines méprisées, qu’on appelle à tort des friches, mais qui ne demandent qu’à renaître. Le baiser à la Belle endormie, c’est, comme il dit, « le contact charnel avec la pierre, la brique et le métal » (op.cit. p. 2O).
L’avidité des promoteurs de terrains bon marché, l’inconscience et l’irresponsabilité des décideurs, l’indifférence et le mépris de la population ont fait qu’en un quart de siècle ont disparu en France et en Alsace quantité de joyaux architecturaux et patrimoniaux, une razzia que l’étranger, l’Angleterre et l’Allemagne en particulier ne peuvent pas comprendre, eux qui, comme en Sarre (les Hauts Fournaux de Völklingen) ont tout magnifiquement retapé, juste en face de la Lorraine qui a quasiment tout démoli.
 
Ainsi , dans le Val d’Argent, le livre Les Belles Fabriques mentionne ce qui a partiellement ou entièrement été détruit : une partie des établissements Landmann aux Halles, la villa Lamotte à Rombach-le-Franc, en 1998 ; et à Ste Marie-aux-Mines, l’ancien couvent des Cordeliers, devenu le Tissage Schwartz, disparu en 197O déjà ; en 197O également, la Teinturerie de Jean-Georges Reber datant de 18O2 ; toujours en 197O, la touraille de la Brasserie Riette  « la plus belle touraille d’Alsace » (p. 2O5) ; en 198O, le Château Lacour; en 1991, l’usine- bloc Koenig datant de 1883 ; l’usine-bloc L’Huillier /Joly et Osmont « par ignorance » (p. 146)  en 1999; la Tuilerie de Montgoutte, « écrabouillée par les engins en 1999, lors de la construction d’une gendarmerie, alors que les services de la DRAC avaient été alertés » ( p. 211, note 4) ; la Conciergerie Baumgartner en 1998 ; l’ancien moulin Droeler datant de 1797, devenu l’usine Elmer puis la première Usine Baumgartner en 2OO1 . Ont disparu plus tard : le Tissage Reber ; la Brasserie Joly ; l’usine Blech Frères .
 
Toutes ces démolitions sont passées pudiquement sous silence, ou à peine suggérées, dans la récente brochure diffusée par l’Office de Tourisme : Découvrir le Patrimoine textile du Val d’Argent (2O19).
 
Près de La Vancelle, au lieu-dit Heidenbuhl, la briquetterie Meusburger, anciennement Gustav Pfeffel, datant d’avant 1884, avec son four Hoffmann à feu continu, « un des plus grands d’Alsace » (p. 133), a été complètement rasée, en 1998 ; même les plans du four ont été jetés à la décharge . Une voie ferrée desservait la briquetterie, se souvient Ariel Vincent .
« Rien, il ne reste rien de cette merveille » (p. 133).
 
A Morschwiller-le-Bas, la Blanchisserie Haeffely a disparu en 1999 . A la Société Alsacienne de Constructions mécaniques de Mulhouse, la forge des locomotives, datant de la première moitié du 19e siècle, a été détruite en 2OO2. L’empire des tuiles Gilardoni à Altkirch, en 2OO3. La Fonderie de Joseph Vogt à Masevaux, la Filature Zimmermann Frères et Bäumlin d’Issenheim, la Filature Koechlin de Moosch, toutes rasées en 2OO4. Le Puits Max du Bassin potassique, en 2OO5. La Filature Lischy et Dollfus/Zurcher de Bollwiller, en 2OO6, démolition contre laquelle même les Bâtiments de France n’ont rien pu faire. Le parage Koechlin de Willer – sur -Thur, datant d’avant 1825, a été détruit en 2OO9. La Filature DMC, « dernière filature géante de la révolution industrielle pour l’Europe continentale » (p.16), en 2O1O. La dernière Malterie de l’Alsace du sud, la Manufacture d’impression sur étoffes Hausmann de Logelbach : en 2O15-2O16.
 
En dépit de tous les livres, articles , expos, émissions visant à valoriser et sauver ce patrimoine, dès avant l’an 2OOO, « comme s’il fallait se hâter pour éradiquer » (Trésors d’usines, p.16), on était saisi d’une véritable rage de détruire. Des photos, des plans établis par l’auteur, font ressortir, en effet, l’immensité et la réelle beauté de ce patrimoine, fruit d’un travail pharaonique, d’abord pour le construire, ensuite pour le faire vivre.
 
Le monde moderne en est issu, pourtant. Fallait-il donc tuer le père ?
 
« Cette attitude irréfléchie vient de rétrograder l’Alsace au rang des dernières régions de France pour ce qui est de l’attention portée à notre héritage », alors qu’elle aurait pu jouer un rôle pilote et même servir de modèle en Europe (p.17).
 
Certaines structures ont quand même été réhabilitées : à Ste Marie-aux-Mines , le tissage Bernard Meier était devenu la Maison du Pays, qui a elle-aussi été délaissée, avec ses métiers à tisser en fonctionnement, dont un métier Jacquard ; l’ usine Bloch, aux Halles, a été transformée en immeuble locatif,  ainsi que la maison Réber et la maison Schoubart ; la maison Leydecker était devenue auberge de jeunesse, L’Huillier Frères, Sur l’Ile, ainsi que d’autres usines à Echery aménagées également (voir à ce sujet l’intéressant article de Béatrice Babilon dans l’Alsace du 14 octobre 2OO3) ; n’oublions pas l’importante transformation d’Edler-Lepavec en parc d’exposition et espace de culture, dès 2OO5.
A Mulhouse, la Filature Heilmann/Koechlin/Kuneyl et Cie a été reconvertie en Musée national de l’Automobile ; Berglas-Kiener est devenu un campus universitaire ; la Manufacture de tabac à Colmar a été transformée en centre culturel, comme celle de Strasbourg longtemps après, et ce sera bientôt le tour de la Manufacture de tabac de la Krutenau ; la Fonderie Marozeau de Mulhouse est à présent une université.
La plupart des reconversions et réhabilitations l’ont été grâce à des initiatives privées, « absence de politique oblige » (p. 10), comme la Scierie- musée Vincent de Ste Croix-aux-Mines, ensuite classée aux Monuments historiques.
 
La mission du chercheur est d’abord d’identifier le patrimoine et ensuite de sensibiliser l’opinion : l’auteur appelle cela la « patrimonialisation » (p. 2O) . Prendre conscience de la nécessité de conserver l’héritage , ne pas renier notre identité culturelle, c’est éviter une seconde mort à l’industrie.
 
L’ouvrage: Trésors d’usines, classe l’ensemble du Patrimoine industriel en sept merveilles et autres sites, dont le petit patrimoine.
Dans le Club des Sept, très belles photos à l’appui, voici toute la Ville de Mulhouse : non seulement les « cathédrales de l’industrie », mais aussi les résidences patronales, comme celles de la rue du Rebberg. ; « L’Eden du textile » de Wesserling ; « La ville aux cent fabriques », Ste Marie-aux-Mines  qui, s’il n’y avait eu tant de reniements du passé et de démolitions de sites patrimoniaux aurait pu être assimilée à un « gigantesque écomusée vivant de l’histoire industrielle » (p. 26).
 
Nous déplorons, en effet, que le passé textile de Ste Marie-aux-Mines ait été complètement éradiqué – le chant du cygne étant la disparition de la Maison de Pays en 2O17, avec l’arrêt de ses vieux métiers à tisser - et ceci au profit exclusif du patrimoine minier, lui-même mis dans l’ombre par un parc artificiel comme tant d’autres parcs de loisirs et de culture en Alsace. Et justement, pourquoi cette appellation « Val d’Argent », comme s’il n’y avait rien eu d’autre que ces mines d’argent, finalement assez pauvres en minerai ? (cf. B.Fabr. op.cit. p. 61).
 
Parmi les Sept, également, la Filature Gast d’Issenheim ; la Papeterie de Wasselonne  avec ses fours à chaux ; la Filature Ebel de Wasselonne ; le Carreau Rodolphe à Pulversheim .
 
Ces sept merveilles de l’Alsace industrielle ne cachent pas les autres :
Lucelle et sa halle à charbon ; Emlingen et ses fours à chaux ; le textile Koechlin dans l’ancienne abbaye de Masevaux ; le tissage Zeller de Wegscheid ; les forges de Niederbrück ; le tissage de Willer -sur -Thur ; la filature de Malmerspach ; les sheds des usines de Wildenstein ; la filature et blanchisserie de Cernay ; la manufacture Ziegler-Gruber de Guebwiller ; les usines de la vallée de Munster, dont la filature de Leymel, détruite en 2OO9, alors qu’elle était à peine restaurée ; le patrimoine de Colmar, dont la Manufacture de tabac  - A ce propos, on devrait aussi mentionner celle des Burrus, de Ste Croix-aux-Mines , avec ses demeures de maître -  ; les filatures Haussmann de Logelbach, mutilées en 2O15-2O16 ; l’usine Kiener, la filature Weisgerber, et une merveille : la machine à vapeur des Usines municipales de Colmar. Vient le tour de Ribeauvillé, avec l’indiennage Steiner ; la filature Hofer et sa chaudière Koechlin de 1869, la plus vieille d’Alsace ; la tannerie Degermann de Barr avec sa machine à vapeur en état de fonctionnement . On passe à Klingenthal et sa Manufacture royale d’Armes blanches, datant de 173O ; puis à la Vallée de la Bruche, dont les sites d’exception tombent en ruines, « alors que ce territoire aurait tout à gagner à s’appuyer sur ce qui a construit son histoire un millénaire durant » (p. 39) : l’auteur pense en particulier au laminoir de Framont. Après la filature abandonnée Scheidecker de Lutzelhouse, voici, en allant vers Mutzig, la brasserie Wagner, une huitième merveille de l’industrie en Alsace, photos à l’appui (p.42). Elle a été sauvée de justesse par l’intervention des Monuments historiques et abrite maintenant une pépinière d’entreprises. Et puis les brasseries de Schiltigheim, dont l’une passée sous pavillon étranger, les glacières de Strasbourg, tardivement estimées ; Bischwiller, ressemblant à un vaste écomusée de l’industrie (p.43) ; les brasseries du Kochersberg ; la malterie disparue Haag d’Ingwiller et, vers Bitche et Meisenthal, les Industries du verre. On n’oubliera pas en passant le reste des installations de Pechelbronn, ni la forge De Dietrich du Jägerthal.
Tout cela est magnifiquement illustré ici, y compris les usines Martel Catala et le Château d’eau de Sélestat.
 
Le « petit patrimoine » n’est pas oublié : canaux, ruisseaux sous les usines, loges de roues de tissage, turbines, anciennes cheminées carrées, rondes plus récentes, 95 % des cheminées ayant déjà été détruites avant 2OO2 (cf. B.Fabr. op.cit. p. 211, note 11), fours, machines à vapeur et chaudières, éléments d’architecture, petits ateliers, belles maisons bourgeoises.
Dans notre vallée, quelques-unes ont été abandonnées ou détruites, comme l’ un des deux châteaux Lacour, une des villas Baumgartner, près de l’usine, ou encore , en décrépitude, un des châteaux Burrus à Ste Croix-aux-Mines. Cependant, la plupart de ces belles demeures ont été respectées, contrairement aux espaces industriels, et sont maintenant représentatives du passé textile du Val d’Argent.
 
Parmi le « petit patrimoine », l’auteur ne mentionne pas les voies ferrées, celle de Sélestat à Ste Marie-aux-Mines en particulier, pour la préservation de laquelle nous nous sommes tellement battus en vain. Elle avait desservi toute la vie économique de la vallée et aurait mérité d’être classée au Patrimoine. Sait-on que l’ancêtre de la voie ferrée moderne était la voie de roulage en bois des galeries de mines ? (cf. B.Fabr., op.cit. p.39).
 
Pour Pierre Fluck, la réhabilitation et la reconversion des sites que nous avons mentionnés, sont une nécessité d’avenir. Elles reviennent moins cher, d’après lui, qu’une démolition et une reconstruction moderne, et nous ajouterons : sans doute pas aussi cher que la création d’artificiels parcs de loisirs et de culture .
Notre auteur cite Gérard Binder, ancien président de l’Université de Haute-Alsace  qui écrit : « Les territoires qui gagnent sont ceux qui sont fiers de leur Histoire » (p. 56).
 
Trésors d’Usines en Alsace met en garde les communes contre la tentation de hiérarchiser les démolitions, de chercher à aérer les anciens complexes industriels, comme si l’on pouvait, par exemple, « aérer » une collection de timbres-postes ! Il y a aussi la tentation de gommer le site industriel du paysage - on pense à l’usine Baumgartner - même en laissant un ridicule vestige, qui ne rappelle en fait plus rien : un tronçon de cheminée, un métier à tisser dans un carrefour, l’encadrement d’un portail : l’auteur les appelle des « attentions patrimoniales », « des monuments dérisoires totalement étrangers à leur nouvel environnement » (p. 6O) : autant d’écueils à éviter.
 
A bannir également des initiatives qui inspirent, dit-il, une bonne moitié des reconversions : les rajouts, les avancées transparentes (p.6O).
Il n’en fait pas mention, mais on pense à l’horrible habillage de verre de la gare de Strasbourg, et aux transformations intérieures et profanatrices de la Bibliothèque nationale, dans la Neustadt. Mais ce ne sont pas des bâtiments industriels.
 
Alors, comment convertir ?
On ne peut évidemment pas toujours conserver au site son usage originel. Par contre, il est possible d’en faire un musée, un hôtel ou un restaurant, un centre de vacances, un espace commercial, un lieu d’enseignement, de documentation, de culture - mais se pose alors le problème des mises aux normes dénaturantes, obligatoires pour les espaces recevant du public - un lieu d’habitation aussi. Un site, comme celui de Wesserling, réunit toutes ces nouvelles fonctions et peut alors servir d’exemple à l’échelon international.
 
Les villes qui ont su conserver et transformer ainsi leur héritage industriel sont appelées des « Manchesters », comme à Mulhouse, à Gand en Belgique, au Vorarlberg en Autriche, à Chemnitz en Saxe ou à Lodz en Pologne.
Ste Marie-aux-Mines aurait pu l’être, et avait été avertie par les ouvrages de l’auteur et d’autres encore, il y a bien vingt ans. Mais n’a pas su tenir compte de l’avis des spécialistes.
 
Parmi les fermetures d’usines de la vallée de Ste Marie-aux-Mines, le livre : Les Belles Fabriques, mentionne :
 
DIETSCH, à Lièpvre, fermée en 1948.
KOENIG, à Ste Marie-aux-Mines, en 1952.
BERNARD MEIER, en 1957.
GIMPEL Frères, en 1962.
FELME, en 1962.
DIEHL & Cie, en 1968.
SCHOUBART, à Ste Croix-aux-Mines, en 1968.
GRIMM, à Ste Marie-aux-Mines, en 1968.
BLECH Frères, en 1972.
ALEXANDRE, en 1978.
RISLER à Lièpvre, en 1981.
LELEU, à Ste Marie-aux-Mines, en 1987.
BLOCH, en 1991.
BAUMGARTNER, en 1994.
J.B.LACOUR & Cie, en 2OO2.
 
Le dernier mot de ce manifeste en faveur du Patrimoine industriel ?
« S’intéresser au patrimoine, ce n’est pas passéiste, c’est avant-gardiste » (p. 39).
 
En conclusion de ces ouvrages, nous pensons que ce sont les mentalités qui devront changer. Toutes les initiatives actuelles sont inspirées par la mentalité américaine de profit et de rentabilité. Ces valeurs ne peuvent subsister dans notre civilisation deux fois millénaire, riche d’un patrimoine qui ne peut, moralement, pas être effacé. Les générations suivantes prendront, comme toujours, le contrepied de ce que la nôtre a pensé et réalisé. Elles prendront conscience qu’il y a, chez nous, des valeurs plus importantes que la concurrence, la course au profit, à l’artifice et à l’argent. L’héritage, quel qu’il soit, deviendra à leurs yeux une valeur spirituelle , un devoir de mémoire. Très vite, nos descendants vont saisir l’urgence de sauver et de faire revivre la mémoire spirituelle de l’Occident, maintenant rejetée, oubliée, jugée inutile et encombrante. Et c’est sans doute magnifier l’œuvre de Pierre Fluck, que de qualifier le patrimoine industriel, non seulement de patrimoine culturel, mais aussi d’héritage spirituel. D.V.
 
Pierre FLUCK a reçu, pour cet ouvrage, le Prix Martel Catala, à Sélestat, le 16 novembre 2O19.
L’auteur, géologue, membre de l’Institut Universitaire de France, Docteur ès Sciences, Professeur des Universités, est aussi fondateur du CRESAT (Centre de Recherches sur les Economies, les Sociétés, les Arts et Techniques de l’Université de Haute-Alsace).
Il sera décoré de l’ordre de la Légion d’Honneur au mois de décembre 2O19.
 
Son livre : Trésors d’usines en Alsace (Soultz, Editions du Patrimoine minier, 2O19, 75 p.), parmi d’innombrables travaux et publications, fait suite notamment à :
Les Belles Fabriques. Un patrimoine pour l’Alsace. (Colmar, éd. Do Bentzinger, 2OO2).
L’Archéologie industrielle. En collaboration avec Léa Fluck-Steinbach. (Ed. PEMF, 2OO4).
DMC, Patrimoine mondial ? (Colmar, éd. Do Bentzinger, 2OO6).
Wesserling, l’Eden du Textile. (Colmar, éd. Do Bentzinger, 2OO8).
Mulhouse, Trésor d’Usines. (Barr, éd. Le Verger, 2O11; 2e éd. 2O19).
Manuel d’Archéologie industrielle. (Paris, éd. Hermann, 2017).
 
Voyez aussi en particulier :
Georges Bischoff : L’architecture industrielle. Un patrimoine en friche. Collection : Monuments historiques n° 171, année 199O, pp.31-36.
CRESAT : Exposition de sensibilisation à la fragilité du patrimoine industriel. (Wittelsheim, Nef des Sciences, 21 octobre 1998).
 
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 LA PHRASE DU MOIS :
 
« Les monuments en détresse ne peuvent crier au-secours »
 
(P.Fluck, Trésors d’Usines en Alsace, p. 2O).
 
 
 
UNE BELLE HISTOIRE :
 
 
Sur ma table, tout à coup, une petite araignée. Si petite qu’on la voyait à peine : elle ne mesurait même pas un millimètre. Ses pattes étaient presque transparentes de finesse, son corps : un point minuscule, bien plus petit que la tête d’un aiguille. Elle se dirigeait avec intelligence  et contournait les obstacles. Il y avait un cerveau dans ce corps microscopique. Un appareil digestif, respiratoire, reproductif. Des muscles et des nerfs dans ces pattes diaphanes. Un miracle de la nature. Plus émouvant que les hauts-fourneaux dont nous avons parlé. On peut reconstruire les hauts-fourneaux. On ne pourra jamais créer la petite araignée.
Pensons-y à Noël, fête de la Vie. Joyeux Noël !
 
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La Voix dans le Désert. Mensuel gratuit du Château d’Argent.

Directrice de publication : Danielle Vincent.Editions du Château d’Argent, 185, rue de Lattre de Tassigny, 6816O Ste Marie-aux-Mines.Impression et mise en page : ZAPA Informatique.
ISSN : 265O-7225. Dépôt légal : 4e trimestre 2O19.